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« Pacioretty est béni des dieux » -Dr Toueg

09/03/2011 18h26 

Photo: Éric Bolté
Malgré une sévère commotion cérébrale et une fracture de la quatrième vertèbre cervicale, l’attaquant du Canadien Max Pacioretty s’en tire à très bon compte après avoir été violemment projeté sur la bordure de la baie vitrée par Zdeno Chara, lors du match face au Bruins mardi.

C’est du moins l’avis du Dr Jacques Toueg, chirurgien orthopédique spécialisé en médecine sportive. « Il est chanceux de ne pas être quadriplégique. Il aurait pu finir ses jours dans une chaise roulante », estime le médecin, qui précise que les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves si la vertèbre s’était déplacée.

« Nos membres bougent grâce à des influx nerveux de la moelle épinière. Lors d’une fracture de colonne cervicale, un déplacement peut venir comprimer ou endommager la moelle, qui ne pourra plus envoyer les influx par la suite. C’est comme si on coupait un fil électrique », note-t-il.

On peut même ajouter une autre couche d’horreur à ce scénario déjà terrifiant. Car en plus de permettre de bouger nos membres, la quatrième vertèbre cervicale joue un rôle dans les fonctions respiratoires. « Il aurait pu vivre le reste de sa vie avec l’aide d’un respirateur artificiel », ajoute Jean-François Giguère, neurochirurgien à l’Hôpital du Sacré-Cœur.

Précisant qu’à titre d’athlète professionnel, Pacioretty a vraisemblablement mieux encaissé le coup que le commun des mortels en raison de sa musculature au niveau du cou et d’une bonne ossature, le Dr Giguère mentionne qu’on peut récupérer de ce type de fracture dans une période d’environ six semaines.

Il est toutefois beaucoup plus difficile d’avancer pareille hypothèse pour ce qui est de la commotion cérébrale qu’à subi l’attaquant du Tricolore.

« On ne peut pas présumer de ce qui va arriver », lance d’entrée de jeu la Dr Maryse Lassonde, neuropsychologue auprès du CH. « Chaque cas est différent, tout dépend de la constitution du joueur. »

Cette dernière explique qu’elle devra attendre que les symptômes post-commotionnels (maux de tête, nausées, étourdissements sensibilité à la lumière et au bruit, etc ) disparaissent avant d’évaluer sa condition.

« Chaque joueur de la LNH passe une batterie de tests pour identifier son niveau de base avant le début de la saison. Lorsqu’il sera en mesure d’effectuer un entraînement léger, on pourra évaluer s’il est revenu au même niveau ».

La Dr Lassonde testera alors son niveau d’attention et son temps de réaction en plus d’évaluer sa mémoire avec des exercices durant lesquels on apprend de nouveaux mots. Si les résultats sont satisfaisants, le Dr David Mulder, médecin du CH, décidera alors du moment où il pourra renouer avec l’action.

 
 

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