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Chronique de Paul Rivard

Le tennis féminin ennuyant?

05/05/2011 10h01 

Paul Rivard
Le tennisman français Richard Gasquet ne se fera pas d’amies chez les dames... qu’elles soient en espadrilles ou en escarpins.

Faisant écho à une pensée que plusieurs journalistes ont maintes fois réfrénée en se mordant les lèvres, il a exprimé son opinion sur le tennis féminin qui présente, selon lui, moins d’intérêt pour les spectateurs comparativement au tennis masculin.

Gasquet venait de se faire éliminer au premier tour du tournoi de Madrid, lundi, lorsqu’il a déballé son sac au micro de Radio Monte-Carlo. Il pestait contre la cohabitation des hommes et des femmes dans un même tournoi.

Contrairement à une époque récente, où seuls les quatre tournois du Grand Chelem ainsi que les événements de Miami (Floride) et Indian Wells (Californie) présentaient des tableaux féminin et masculin, plusieurs tournois européens tiennent maintenant, en parallèle, les deux compétitions.

Gasquet en pète un

«C’est pourri!» crachait Gasquet après sa défaite. «Il n’y a pas de courts pour s’entraîner, il y a trop de monde, poursuivait-il. Parlant des assistances, il ajoutait «chaque fois qu’il y a un tournoi masculin et féminin, il faut regarder l’audience. Il n’y a personne chez les filles, et chez les mecs, il y a beaucoup de monde.»

Gasquet n’a pas tout à fait tort, mais il y a des vérités qu’il ne faut peut-être pas exprimer et il est ingrat de comparer les deux spectacles. S’il est évident que tout se passe au superlatif dans le tennis masculin, les joueuses donnent quand même de belles démonstrations d’habiletés et de vigueur... entre elles.

Il y a deux ans, j’ai assisté à une rencontre du Challenge Bell de tennis féminin, au PEPS de l’Université Laval, à Québec. Se retrouver au niveau du terrain, à moins de 20 pieds des joueuses, vous laisse mâchoire au tapis, littéralement sidéré par la force et la précision des coups. Et il ne s’agissait pas des membres du Top 10 féminin.

Toutefois, quiconque apprécie la vitesse, la puissance, la précision et la créativité des hommes, le tennis de leurs consœurs ne peut supporter la comparaison. C’est une pure question de physique, dans les deux sens du mot.

Serena: 500e chez les... hommes

On peut tenter de ménager les susceptibilités ou redoubler de diplomatie, rien n’y fera. Ce sont deux mondes différents, c’est tout.

D’ailleurs, le journaliste Vincent Brousseau-Pouliot, de La Presse, lui-même excellent joueur de tennis, avait publié un article l’été dernier, dans lequel il faisait ressortir le fossé – que dis-je, le canyon – qui séparait les deux sports.

Par le biais de commentaires glanés auprès, notamment, de Martin Laurendeau, un ex-joueur, maintenant capitaine canadien en Coupe Davis, Martin Laurendeau, du réputé entraîneur et commentateur Louis Cayer et de l’ancienne joueuse Mélanie Marois, on en venait à la conclusion que Serena Williams ou Jelena Jankovic, à leur meilleur, ne pourraient percer le 300e ou même le 500e rang mondial masculin.

Comme le dit l’expression connue: Richard Gasquet «a dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas». Mais, comme le stipule une autre expression connue: «Toute vérité n’est pas bonne à dire»...

 
 

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