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Clinton appelle les dirigeants arabes à promouvoir les réformes

13/01/2011 11h14 

Photo: AFP
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé jeudi les dirigeants arabes à promouvoir les réformes, affirmant que les peuples de la région étaient lassés de la corruption, au moment où la Tunisie est secouée par des troubles sociaux.

Dans un discours sans compromission devant le Forum de l'Avenir à Doha, Mme Clinton a averti les régimes arabes que s'ils ne donnaient pas plus d'espace à leurs peuples, les extrémistes exploiteraient la situation.

Les peuples de la région sont "lassés des institutions corrompues" et des politiques "stagnantes", a-t-elle dit, au moment où un mouvement de contestation a fait des dizaines de morts depuis un mois en Tunisie. Des troubles sociaux ont également secoué l'Algérie voisine.

"Trop peu de pays" de la région ont "des plans" pour faire face à l'avenir, a-t-elle déploré devant des représentants de quelque 120 organisations non gouvernementales et du secteur privé dans le monde arabe participant, aux côtés de responsables gouvernementaux, au forum.

Elle a souligné les progrès économiques et sociaux dans les pays du Golfe où elle s'est rendue ces derniers jours -Emirats arabes unis, Oman, Qatar-, mais averti que dans "beaucoup d'endroits, les fondations de la région s'enlisent dans le sable".

"Le Moyen-Orient nouveau et dynamique que j'ai vu a besoin de fondations plus solides s'il veut se développer", a ajouté Mme Clinton.

La chef de la diplomatie américaine a assuré que les dirigeants de la région, "de concert avec leurs peuples", avaient la capacité de construire un avenir meilleur dans lequel les libertés politiques et les initiatives économiques seraient encouragées.

"Il est temps de voir la société civile comme un partenaire, et non comme une menace", selon elle. Si les dirigeants n'offrent pas une vision positive aux jeunes de leurs pays, "d'autres combleront le vide", a-t-elle souligné, mettant en garde contre le fait que "des éléments extrémistes, des groupes terroristes et d'autres qui exploitent le désespoir et la pauvreté sont en compétition pour gagner de l'influence".

Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont la France le Canada et l'Egypte, participent au Forum, dont les débats portent sur les réformes démocratiques dans le monde arabe. Il a expliqué que depuis que son pays a entamé un processus de réformes voilà 11 ans, "il y a eu beaucoup de changements" mais que les entraves à ce changement provenaient de la société elle-même.

Lancé par le président américain George W. Bush en 2004, alors que Washington voulait promouvoir la démocratisation du monde arabe dans la foulée du renversement du régime de Saddam Hussein en Irak, le Forum de l'Avenir a pour but d'encourager les réformes politiques, économiques et sociales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Mais ce forum n'a pas débouché sur des résultats concrets. Selon l'activiste tunisien Slaheddine Jourchi, présent la réunion de Doha, "une grande partie des participants jugent ce forum inutile, surtout que ses résultats concrets ont été minimes".

Les participants n'ont pas pu s'entendre sur un texte de résolution finale en raison de divergences entre le Canada, qui préside conjointement avec le Qatar la réunion, et les pays arabes sur la formulation d'un passage du communiqué final sur la Palestine, selon des délégués.

 
 

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