24 HEURES - Le lundi 23 octobre 2017

Proches-aidants

Les revendications fusent

26/08/2013 17h06 

Jacques Couture, agent de mobilisation pour le Regroupement des aidants naturels du Québec, a présenté la plateforme de revendications communes des aidants naturels.
Photo Élise Jetté/24h

À la suite d'une consultation menée auprès de l'ensemble des proches-aidants du Québec, le Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ) constate une insatisfaction généralisée et un criant besoin de répit.

Parmi les revendications citées, le manque de savoir-faire et de savoir-être du personnel affecté au maintien à domicile est décrié. «La rotation du personnel perturbe et déstabilise l'aidé et l'aidant et le personnel est insuffisant», explique Jacques Couture, agent de mobilisation pour le RANQ.

Une flèche qui dérange Marjolaine Boudreau, présidente du syndicat du CSSS d'Ahuntsic Montréal-Nord. Présente au point de presse du RANQ, elle a tenu à faire part de la détresse physique et psychologique des travailleurs sociaux dont le temps est constamment grugé par les tâches administratives. «Les firmes privées qui gèrent notre productivité calculent combien de temps on passe au téléphone, le temps qu'on prend pour retourner nos appels et il ne nous permettent que 30 minutes pour chaque consultation, rapporte Mme Boudreau avec colère. Je ne calcule pas des cornichons, je suis en train de réfléchir à mon intervention. Quand le RANQ parle de notre manque de savoir-être, ça me fait mal, parce que je suis formée pour ça, mais je n'ai pas le temps de le faire.»

La plateforme de revendications communes présentée par le RANQ lundi regroupe les multiples revendications des 260 proches-aidants et représentants d'organismes rencontrés par M. Couture dans 15 régions du Québec. Il servira d'outil pour porter les idées d'une seule et même voix. «Dans la foulée de l'assurance autonomie proposée par le gouvernement Marois, ça nous permettra d'avoir un document commun de revendication. Le répit des aidants doit passer en premier. Ils doivent pouvoir sortir de chez eux pour avoir un répit à l'extérieur du milieu où ils aident»», affirme-t-il.

Des aidants épuisés

Des proches-aidants ont partagé leur souffrance avec les gens présents. Murielle Bénard, qui est aidante naturelle auprès de sa mère a qualifié la situation d'insupportable. «Je sens un manque de volonté d'améliorer les choses et une absence d'organisation, a-t-elle souligné. J'assiste impuissante à la fin de vie interminable de ma mère en m'éteignant peu à peu moi-même.» Même cri de détresse pour Carole Cloutier qui s'occupe de ses deux enfants autistes. «Mon fils mesure 6 pieds et pèse 244 livres et je dois l'accompagner aux toilettes, confie-t-elle. Je n'ai dormi que quatre heures la nuit dernière parce qu'il ne dormait pas.»

Pour le RANQ, la solution réside dans une reconnaissance du statut de proche-aidant. «On a de bons professionnels de la santé, a admis Carlos M. Hernandez, président du RANQ, mais celui qui se lève à quatre heures du matin c'est le proche-aidant. Le médecin s'occupe de la maladie, l'aidant naturel se charge de l'humain. Il est responsable de 80% du maintien à domicile, qui est à la base du maintien du système de santé.»

 
 

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