24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Un médecin montréalais dans l'eau chaude

24/05/2012 05h08 

© Shutterstock / Agence QMI

MONTRÉAL - Un omnipraticien montréalais ayant a succombé aux charmes d'une patiente au passé problématique se retrouve en mauvaise posture devant le conseil de discipline du Collège des médecins. L'histoire a toutes les allures d'un scénario de film.

Relations sexuelles prohibées, chantage, mensonges et problèmes liés à la prostitution, les deux parties dans cette histoire rocambolesque semblent avoir leur lot de problèmes.

On reproche notamment au Dr Luc Belleau d'avoir tenu des propos déplacés envers une de ses patientes, d'avoir eu deux relations sexuelles avec elle, ainsi que de lui avoir versé de l'argent en échange de son silence.

«On n'est pas devant un cas qui est grave, on est devant un cas qui est très grave», a insisté Me Jacques Prévost, avocat du syndic adjoint du Collège des médecins, lors de sa plaidoirie.

Le Dr Belleau a d'emblée reconnu sa culpabilité aux trois chefs d'accusation qui pèsent contre lui.

Le conseil de discipline a pris la cause en délibéré et devra désormais décider s'il suit les recommandations du syndic adjoint, qui réclame une radiation de 12 mois et une amende de 2000$.

Des versions différentes

L'histoire remonte à 2008. Peu de temps après une première rencontre médicale avec une patiente, dont l'identité doit rester confidentielle en raison d'une ordonnance de non-publication, le Dr Belleau a eu une relation sexuelle avec elle dans un hôtel.

La femme prétend que la relation n'était pas consentante et que le médecin lui a fait vivre un véritable enfer.

Lors de son témoignage, le Dr Belleau a affirmé que c'est plutôt la jeune femme qui a initié les avances et qui a proposé qu'ils se rencontrent dans un hôtel de la rue St-Jacques.

Toujours selon le Dr Belleau, la jeune femme l'aurait ensuite contacté en exigeant 5000 $.

«Si tu me ne le donnes pas, je vais détruire ta vie et ta carrière», lui aurait-elle alors lancé.

«Elle m'a aussi dit que son beau-frère était dans les Hell's Angels», a-t-il ajouté.

Au fil des discussions, les enchères auraient grimpé jusqu'à 20 000 $. Ce montant devait assurer au Dr Belleau que la jeune femme ne révèle rien de leur histoire.

Celle-ci est toutefois revenue à la charge par après en voulant le poursuivre au civil pour 650 000 $. Après une entente hors cour, il a déboursé 113 000 $ à la plaignante pour éviter un procès.

La tentative d'acheter le silence du Dr Belleau est une des «pires situations» présentées devant le conseil de discipline du Collège des médecins, estime Me Prévost.

L'avocat de l'omnipraticien, Me Michel Beaupré, a démontré grâce à des rapports médicaux que la jeune femme avait menti à plusieurs égards en remplissant le questionnaire médical lors de sa première rencontre avec le Dr Belleau.

Problèmes de toxicomanie, activités liées à la prostitution, troubles psychologiques, dépression et tentative de suicide témoignent d'un passé rempli d'embûches.

Me Prévost a toutefois répliqué qu'il y avait des gens «vulnérables» au sein du public et qu'en tant que professionnel, le Dr Belleau était formé pour faire face à ce genre de situation.

 
 

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