24 HEURES - Le mercredi 19 décembre 2018

De plus en plus de toits verts à Montréal

29/06/2011 14h55 - Mise à jour 29/06/2011 16h18

Certaines des plus grandes installations atteignent plus de 6000 p², telles que celle sur l’immeuble du siège social de Québécor et du collège de Rosemont.
Photo: Courtoisie Atelier Tautem
La tendance des toits verts s’implante peu à peu et on constate un intérêt soutenu par tous les secteurs de la société pour cette nouvelle forme d’urbanisme.

Depuis leur introduction à Montréal dans le milieu des années 2000, les aménagements verts se comptent par centaines dans la métropole.

Certaines des plus grandes installations atteignent plus de 6000 p², telles que celle sur l’immeuble du siège social de Quebecor et du collège de Rosemont.

Montréal se trouve déjà parmi les dix villes les plus avancées dans ce domaine en Amérique du Nord, toutefois celle-ci traîne encore un peu de la patte comparativement à certains autres grands centres dans le monde, surtout en Europe, premier continent où les toits verts sont apparus.

« L’Allemagne est le chef de file en urbanisme vert, surtout dans la ville de Berlin, où tous les édifices gouvernementaux possèdent une toiture verte. Les Berlinois voulaient régler un problème de gestion des eaux de pluie et ils ont décidé de se tourner vers cette technologie il y a cinquante ans de cela », explique Owen Rose, président du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM).

M. Rose est architecte associé à la firme Tautem, dont l’expertise est à l’origine des installations sur l’immeuble de Quebecor et du Palais des congrès. Par l’entremise du CEUM, celui-ci conseille et sensibilise les citoyens et les propriétaires de bâtiment quant aux avantages de la nouvelle technologie.

Effectivement, ces installations offrent des gains multiples : elles absorbent et retardent les eaux de pluies et améliorent le fonctionnement des égouts, elles diminuent la consommation d’électricité réduisant la lumière et la chaleur en été et isolant les bâtiments en hiver et elles offrent un aménagement plus esthétique.

Coûts trop élevés?

Malgré tous ces avantages, les coûts reliés à ces aménagements restent élevés. Les aménageurs montréalais font face à un problème de structure des bâtiments qui empêchent l’installation immédiate de toits verts.

« Dans le meilleur des mondes, un aménagement vert couterait de 10 à 20 $ au pied carré, mais à cause des rénovations des fondations et des supports, ces coûts grimpent à 80 $ le pied carré », ajoute M. Rose.

Le CEUM avait proposé à la Ville de Montréal de réviser la construction des nouveaux bâtiments afin que ceux-ci permettent l’aménagement de toits verts en 2010. Les autorités semblaient réceptives, mais aucune démarche claire n’a été faite suite à cette intervention.

En chiffre

L’entreprise les toits Vertiges, s’affaire depuis 2005 à installer des toits verts à Montréal et ailleurs au Québec.

Celle-ci estime que près d’une centaine de jardins sont installés sur les toitures résidentielles à Montréal et près de trente sur les édifices gouvernementaux.

Les toits Vertiges évaluent à de plus de 140 000 p² de toitures vertes installées à Montréal depuis 2005.

Comparativement, 140 millions p² de toits verts sont construits par an en Allemagne, soit 1/6ème des nouvelles toitures.

emmanuel.delacour@24-heures.ca

 
 

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