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Élections imminentes : le gouvernement Harper renversé

25/03/2011 21h04 

Stephen Harper
Photo : Agence QMI
La fièvre électorale s’est emparée de la Chambre des communes où les attaques ont fusé de toutes parts, vendredi. Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a déclaré les hostilités en présentant une motion de défiance qui a provoqué la chute du gouvernement.

« C’est le “premier” premier ministre de l’histoire du Canada qui est jugé coupable d’outrage à la démocratie canadienne », s’est fait un point d’honneur de rappeler M. Ignatieff. Il a accusé M. Harper d’avoir du « mépris pour la démocratie ».

En début d’après-midi, 156 députés de l’opposition se sont levés en Chambre pour appuyer cette motion reconnaît que le gouvernement s’est rendu coupable « d’outrage au Parlement », un fait sans précédent dans l’histoire canadienne et qu’il a en conséquence, perdu la confiance de la Chambre.

145 députés ont voté contre cette motion, y compris les indépendants André Arthur et l’ex-ministre de la Condition féminine Helena Guergis.

Outrés, les partis d’opposition accusent le gouvernement Harper de leur avoir caché des informations qu’ils réclament depuis plusieurs mois sur les coûts de projets de loi en matière de criminalité et sur l’achat et l’entretien des chasseurs F-35.

« Depuis quatre mois, nous avons demandé des comptes de ce gouvernement, a signifié M. Ignatieff[…] Pendant quatre mois, nous n’avons reçu aucune réponse, mis à part le mépris et l’arrogance de ce gouvernement. »

Quelques instants après l’effondrement de son gouvernement minoritaire, M. Harper s’est brièvement adressé aux médias.

Il a passé sous silence les accusations d’outrage au Parlement de la Chambre, sinon pour dire que le vote sur la motion le décevait.

Il a laissé entendre que ses adversaires avaient multiplié les prétextes pour provoquer des élections, car le budget du ministre des Finances Jim Flaherty répondait en gros à leurs attentes.

Le ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, a fait écho à son chef.

« On va revenir ici au gouvernement dans cinq semaines et à ce moment-là, on va le redéposer le budget, a-t-il expliqué aux journalistes. Les conservateurs vont redonner aux aînés ce qu’eux ils sont en train de les priver. »

Le premier ministre a indiqué que l’économie « va continuer » d’être sa « priorité ». Il a vanté son budget présenté plus tôt cette semaine et que l’opposition a rejeté du revers de la main.

Alors que le Parti conservateur fait face à des allégations de fraudes électorales, M. Harper a refusé de répondre aux questions des médias. Son ex-conseiller politique, Bruce Carson, fait pour sa part face à des allégations de trafic d’influence et d’une enquête de la GRC.

Le premier ministre a ensuite à nouveau brandi le spectre d’une coalition chez ses adversaires politiques. « M. Ignatieff et ses partenaires de la Coalition, le NPD et le Bloc, ont bien fait comprendre qu’ils avaient déjà décidé d’aller en élections, les quatrièmes élections au Canada en sept ans », a-t-il affirmé.

Bombardé de questions par les médias à savoir s’il envisageait former une coalition avec l’opposition advenant la réélection d’un gouvernement conservateur minoritaire, le chef libéral est resté vague sur le sujet.

M. Ignatieff s’est contenté de dire qu’il misait sur les 36 jours que durera la campagne électorale pour attirer dans sa « grosse tente rouge » les « conservateurs déçus par le gaspillage de ce gouvernement » tout en « faisant appel aux écologistes » et à « tous ceux qui ont une conscience sociale ». Face au discours économique de M. Harper, le chef libéral entend à coup sûr riposter par la démocratie.

Les autres chefs

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part tiré à boulets rouges sur le gouvernement Harper l’accusant d’avoir « érigé le mensonge en système » et de présenter une « idéologie rétrograde ». Pour toutes ces raisons, les Québécois doivent selon lui « sanctionner M. Harper et voter massivement ».

Tout en dénigrant M. Harper, le chef bloquiste n’écarte pas l’idée de créer une alliance avec les conservateurs ou les libéraux si l’occasion se présentait et si cela est « dans le meilleur intérêt du Québec ».

M. Duceppe attend M. Harper de pied ferme sur les questions liées au budget conservateur. « On va parler des petites choses qu’ils ont accordées à la forêt, on va parler des petites choses qu’ils ont accordées aux personnes aînées », a-t-il dit.

Le chef du NPD, Jack Layton, a pour sa part accusé le premier ministre d’avoir cherché à déclencher des élections en n’incluant pas dans le budget certaines mesures que son parti préconisait.

« Ça fait trois jours qu’il [M. Harper] boude dans son bureau. Pourquoi? S’il voulait vraiment éviter une élection, il aurait pu faire preuve d’initiative et de souplesse. Il aurait pu prendre le téléphone et donner un coup de fil aux autres pour tenter de trouver un terrain d’entente », a fait valoir M. Layton.

On s’attend à ce que les Canadiens soient convoqués aux urnes le 2 mai.

En tout, 308 sièges seront disputés, dont 75 au Québec. La répartition des sièges aux Communes est la suivante : 143 sièges pour les conservateurs, 77 pour les libéraux, 47 pour le Bloc québécois, 36 pour le Nouveau Parti démocratique, 2 indépendants et 3 sièges vacants.

 
 

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