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Québec doit bien se préparer, dit Roger Taillibert

11/02/2011 14h37 

Photo Agence QMI
La Ville de Québec devra se doter d'une étude des plus solides pour éviter des dépassements de coûts et des dérapages pendant la construction de son nouvel amphithéâtre.

C'est ce que Roger Taillibert, architecte français qui a conçu le Stade olympique de Montréal, a expliqué lors d'une entrevue avec Argent.

M. Taillibert sait de quoi il parle. Son livre « Stade olympique de Montréal, mythes et scandales » va bientôt être publié. Dans cet ouvrage, il dénonce un désordre généralisé causé par les syndicats et les entreprises lors de la construction du stade, de 1970 à 1976.

« Si je devais donner des conseils [au maire de Québec], a indiqué M. Taillibert, j'en donnerais pour qu'il puisse tenir dans son budget et avoir une étude sérieuse que personne ne puisse contester par la suite. Qu'on ne vienne pas jouer avec le mot “complexe” pour faire monter les factures. »

L'architecte croit-il qu'il faut privilégier le bois ou le béton pour bâtir l’édifice? « Le bois [traité qui a été choisi] est un très bon matériau. Je peux vous dire qu'il a l'avantage de résister au feu. Il faut que ce soit calculé et il faut trouver des mécaniques d'assemblage intelligentes. »

Dans son livre, Roger Taillibert formule des critiques qui peuvent sembler sévères concernant le chantier du Stade olympique. Il blâme les syndicats et entreprises avides de pouvoir et de gains pour leur comportement de l'époque.

« Je dis simplement que j'ai vu de mes propres yeux et entendu de mes propres oreilles toutes les difficultés qu'il a fallu vaincre pour arriver, un jour, à avoir les Jeux, a dit M. Taillibert à Argent. C'est un conglomérat total qui a participé à cette opération. On s'est tous associés pour un résultat, comme on aurait pu s'associer pour qu'il n'y ait pas les Jeux. »

Robert Bourassa, premier ministre de l'époque, fait partie de ceux que Roger Taillibert a durement critiqués lors de rencontre en personne. « Je lui ai dit que si le chantier ne marchait pas normalement dans la semaine, ce serait moi qui ferais la publicité sur la mauvaise organisation. Jean Drapeau, le maire de Montréal qui était à côté de moi, m'a dit que c'était un peu fort. »

M. Taillibert estime qu'il a été injustement blâmé pour les problèmes du Stade olympique et qu'il bénéficiait d’une oreille attentive de la part de Pierre Elliott Trudeau, premier ministre fédéral de l'époque.

 
 

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