24 HEURES - Le mercredi 14 novembre 2018

Itinérance au féminin : un hiver difficile, prévoit la Rue des Femmes

12/10/2010 15h59 

« Quand j’ai quitté mon mari, je n’avais nulle part où aller. La Rue des Femmes m’a donné un toit et l’amour dont j’avais désespérément besoin », a témoigné à 24H Joan Ann.
Photo: Sarah-Maude Lefebvre
À l’approche d’un hiver qui pourrait être « l’un des plus difficiles » pour les femmes itinérantes, trois ex-sans-abris ont accepté de lever le voile sur leur passé pour donner un coup de main à la Rue des Femmes, l’organisme qui les a sorties de la rue.

D’avril en septembre, le taux d’occupation des lits de cette ressource a atteint le seuil « inquiétant » de 163%. Durant la même période, la Rue des Femmes a dû, faute de place, rejeter quelque 980 demandes d’hébergement.

« Et c’était l’été! I Nous sommes à ce point inquiètes que nous avons entrepris des discussions avec l’Agence de la santé et des services sociaux, en prévision de l’hiver à venir. L’itinérance féminin à Montréal est en pleine explosion », relate Léonie Couture, fondatrice de La rue des Femmes.

Cette dernière sollicite donc la générosité de la population afin de récolter les 300 000$ nécessaires au fonctionnement de son organisme, alors que l’hiver risque d’être passablement occupé pour les intervenantes de la Rue des Femmes.

Besoin d’amour

Pour encourager l’organisme qui leur a permis de reconstruire leur vie, trois ex-itinérantes ont accepté de se faire photographier dans le cadre de la campagne « Pour changer notre monde », dont les affiches seront posées aux quatre coins de la ville.

« Quand j’ai quitté mon mari, je n’avais nulle part où aller. La Rue des Femmes m’a donné un toit et l’amour dont j’avais désespérément besoin. Je me sens en sécurité ici. Sans leur aide, je n’aurais jamais pu changer ma vie », a témoigné à 24H une de ces femmes, Joan Ann.

L’itinérance au féminin, rappelle Mme Couture, n’est pas un problème de « maison », mais bien de « santé relationnelle ».

« Tous les jours, le spectacle que l’on peut voir, dans le centre-ville de Montréal, déchire le cœur de toute personne qui en a encore un. La population doit comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour soigner quelqu’un », martèle-t-elle.

On compte un peu plus de 28 000 personnes sans-abris au Québec, dont plus de 6500 sont des femmes, selon la dernière étude statistique qui date de 1999.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 
 

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