24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Jour J: des anciens combattants se souviennent

06/06/2010 18h16 

Le 6 juin 1944 est une date qui reste gravée dans la mémoire des anciens combattants canadiens.
Photo: Courtoisie
D'anciens combattants de Lévis et de la région ayant participé au débarquement de Normandie le 6 juin 1944 se sont réunis, samedi, au Manège militaire de Lévis. Ils venaient participer au Projet Mémoire, un projet national d'histoire orale. L'événement s'est déroulé la veille du 66e anniversaire du jour J.

Le Projet Mémoire est une initiative de l'Institut Historica-Dominion. Il a pour objet de documenter la participation du Canada à cette guerre en recueillant des témoignages de milliers d'anciens combattants comme ce fut le cas, samedi dernier, à Lévis.

Ils étaient une dizaine à participer à des entrevues avec l'équipe du projet et pour permettre la numérisation d'artéfacts et d'objets souvenirs qu'ils ont conservés depuis cette époque. La presse était également conviée à échanger avec les anciens combattants.

Était présent à cette rencontre le sergent Pierre Gauthier qui a participé à l'un des pires combats en débarquant sur les plages de la Normandie au petit matin du 6 juin 1944.

M. Gauthier avait été formé dans une équipe spéciale du Toronto Queen's Own Riffles qui devrait ouvrir le chemin aux soldats du Régiment de la Chaudière.

Chargé du nettoyage

M. Gauthier a raconté qu'il ne parlait pas un seul mot d'anglais lorsqu'il a été intégré au Own Riffles pour sa formation.

«Trois mois plus tard, j'étais pratiquement bilingue», a-t-il dit. Ce groupe de la première vague était chargé de faire le nettoyage.

«Les Allemands nous tiraient dessus à partir d'un clocher», a raconté le vétéran.

Les tireurs allemands ont toutefois été assez rapidement neutralisés. Le sergent Gauthier se rappelle avoir ramassé plusieurs casques auxquels étaient des têtes encore fixées. La suite ne fut pas moins pénible.

Dans les semaines qui suivirent, il passa près d'un mois avec de l'eau jusqu'à la taille sur une presqu'île qui faisait face aux troupes allemandes.

«Il fallait s'accrocher à des bâtiments pour parvenir à dormir.» M. Gauthier a dû séjourner à l'hôpital parce que la chair de ses pieds se détachait.

Une fois remis, il a tenu à retourner au front. Il se retrouva un jour dans une tranchée et vit surgir un soldat allemand qui lui visait la tête. Le sergent a finalement pu l'abattre non sans avoir reçu une balle au genou. Elle s'y trouve encore.

«Ma devise était: sauver ma peau, ma famille et mon pays», a conclu le sergent Pierre Gauthier.

 
 

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